ARCHITROPISMES
juillet – 18 septembre 2016
aux Moulins de Paillard, Poncé sur le Loir, France
avec Béatrice Balcou, Shqipe Gashi, Hedwig Houben, Saskia Noor van Imhoff, Pieter van der Schaaf, Tatiana Trouvé.
Commissaires de l’exposition : Rozenn Canevet, Marlise van der Jagt

Dans La pensée et le mouvant, Bergson estimait qu’il y a deux manières de connaître une chose : la première est de tourner autour d’elle et de l’analyser, la seconde est d’entrer en elle par l’intuition et d’adopter ainsi sa vie même. Dans les deux cas, l’examen pratiqué par un personnage impartial et lointain est exclu. Les propositions des artistes réunis pour l’exposition Architropismes sont de cette nature. Générant toutes une attention particulière aux conditions d’exposition et de conservation des œuvres, elles questionnent singulièrement leur antécédent comme leur devenir. Si l’on s’accordera à dire que la matière du monde qui nous entoure n’est que succession de transitions, de mutations et que tout se façonne jusqu’à ce qu’il y ait événement, alors les œuvres d’Architropismes opèrent comme une césure dans le temps. Celui d’une exposition dont le gardien serait absent et dont les œuvres convoqueraient des origines plutôt que des originaux.

Qu’elles relèvent du fugace ou de l’immuable, de l’indéfini ou du déterminé, c’est autour de la porosité topologique que ces œuvres gravitent. Trouvant leur ascendant dans des dynamiques architecturales d’imprégnation, d’absorption et de variations, chacune invite leur visiteur à expérimenter « des mouvements irréguliers. Indéfinissables, ceux-ci glissent très rapidement aux limites de notre conscience, sans qu’elle ne puisse les ignorer », rappelant à la définition que Sarraute donnait des tropismes dans L’ère du soupçon1. Saisissant ce qui d’ordinaire échappe, Architropismes explore cette instabilité, ce suspens qui opère d’une forme à une autre, en sublimant son caractère inconscient. Jouant des archétypes comme des artefacts, ces constructions se rencontrent dans leur temporalité d’existence et de co-existence dans les bâtiments des Moulins de Paillard.

Parfois, l’environnement offre des indices qui permettent d’inférer que les modifications apportées à la conscience de l’espace sont ressenties de manière profonde mais sur un mode implicite ; d’autres fois, elles y sont soulignées. Ce processus de modification apparente de configuration de l’espace, en fonction du déplacement et de sa durée, a été parfaitement décrit par Victor Burgin en 1969 dans son article Situational Aesthetics2. Dans ce texte où il s’attache à dissocier les concepts d’objet artistique et de forme artistique du monde des objets manufacturés pour les redéfinir en fonction des structures de l’expérience psychologique, l’auteur affirme que « les champs perceptifs ne sont pas appréhendés comme des objets en soi » et exige « que les matériaux réels situés dans l’espace-temps extérieur soient utilisés de façon à subvertir leur caractère d’objet afin de les utiliser comme signaux de situation ». Ainsi considéré, l’espace va permettre au temps de s’inscrire dans le flux du vécu. Pour autant, il ne pourra le faire que par « états discrets », où « la permanence se révèle être une relation, et non un attribut »3. De l’échelle de l’objet à celle de l’espace environnant, c’est à l’expérience de cette relation que les œuvres ici réunies invitent.

Rozenn Canevet & Marlise van der Jagt (2016)

1. Nathalie Sarraute, L’Ere du soupçon. Essais sur le roman, Paris, Gallimard, 1956.
2. Victor Burgin, «  Situational Aesthetics  », Studio International, vol. 178, n° 915, octobre 1969.
3. Idem.

Tatiana Trouvé
Née à Cosenza, Italie, 1968.
Vit et travaille à Paris, France.

Tatiana Trouvé, Le Gardien, 2013, bronze patiné, cuivre, peinture, cuir, bois, tissus, papier, cire, 91,5 x 90 x 189 cm. Courtesy Galerie Gagosian, Paris. Photo © JGP

Tatiana Trouvé, Le Gardien, 2013, bronze patiné, cuivre, peinture, cuir, bois, tissus, papier, cire, 91,5 x 90 x 189 cm. Courtesy Galerie Gagosian, Paris. Photo © JGP

Cette sculpture se situe généralement à l’entrée des expositions. Elle ouvre l’exposition. Elle désigne la place d’un potentiel gardien, absent, de sorte que l’on peut dire que c’est l’œuvre qui remplace le gardien et endosse son rôle. Elle garde les autres œuvres de l’exposition. Mais elle désigne également un point de vue, où qu’on la place et quelle que soit sa position dans l’espace. Pour Architropismes, Le Gardien convoque aussi cette même logique plastique de la présence par l’absence. Un siège vide, sur lequel est posée une tige en cuivre, est installé contre un mur. A son coté, est accroché un sachet. Ce mur contient d’autres œuvres, elles aussi invisibles, hors de portée du regard, mais perceptibles par les traces de rebouchages maculées sur sa paroi. De cette invisibilité qui structure le champ du visible, Tatiana Trouvé en a fait un de ses thèmes privilégiés.

Tatiana Trouvé

Tatiana Trouvé, Ghost  2011. Bronze, patine, cuivre (116 x 240 x 61 cm). Courtesy Galerie Perrotin. Photo © JGP

Tatiana Trouvé, Ghost  2011. Bronze, patine, cuivre (116 x 240 x 61 cm). Courtesy Galerie Perrotin. Photo © JGP

Toutes les composantes de l’œuvre de Tatiana Trouvé contribuent à investir l’espace par une attention accrue à la temporalité des phénomènes qui s’y produisent. Les Ghosts sont des empreintes des cales et des mousses qui servent à installer les œuvres au moment de l’accrochage. Fossiles en bronze ou en bétons, ces empreintes d’empreintes d’œuvres donnent à lire les hésitations, les amorces et les décisions qui structurent le montage de l’exposition. Ils apparaissent telle une collection particulière, celle d’un temps décisif hanté par l’absence des œuvres, exacerbant leur mode d’apparition.

Biographie de l’artiste :

Lauréate du prix Paul Ricard en 2001 et du prix Marcel Duchamp en 2007, Tatiana Trouvé mène un travail qui bénéficie d’une visibilité internationale et d’une grande reconnaissance dans le monde de l’art. Outre sa participation à de nombreuses biennales, elle a notamment exposé au Centre national d’art contemporain de la Villa Arson, France (1997); Polders, Palais de Tokyo, Paris (2002); Tatiana Trouvé, juste Assez coupable pour être heureuse, MAMCO, Genève (2004); Extraits D’une société confidentielle, FRAC PACA, France (2005); Djinns CNEAI, France (2005); Centre national d’art contemporain de la Villa Arson, France (2007); Double Bind Palais de Tokyo, Paris (2007); 4 entre 3 et 2, Centre Georges Pompidou, Paris (2008); Il Grande Ritratto, Kunsthaus Graz, Autriche (2010); Quelque part, 18-12-95, Un inconnu, 1981, Schinkel Pavillon, Berlin (2014); Je tempi doppi, Kunstmuseum Bonn, Allemagne (2014, a voyagé à Museion, Italie, et Kunsthalle Nürnberg, Allemagne); et Lignes de Désir, Doris C. Freedman Plaza, Central Park, New York (2015). S.M.A.K., sera montré à Gand, en Belgique, en 2017. Tatiana Trouvé est représentée par la Galerie Perrotin, Paris, France et la Galerie Gagosian, New York, USA.

Shqipe Gashi
Née en 1988, Albanie/France.
Vit et travaille à Genève, Suisse.
http://www.shqipegashi.com

Shqipe Gashi. «  Dit : je n’ai jamais été jusqu’à ce point où le riz est trop cuit  », installation in situ, 2016. Photo © JGP

Shqipe Gashi. «  Dit : je n’ai jamais été jusqu’à ce point où le riz est trop cuit  », installation in situ, 2016. Photo © JGP

Shqipe Gashi

« Dit : je n’ai jamais été jusqu’à ce point où le riz est trop cuit », installation in situ, 2016.

Par ce commentaire, Shqipe Gashi initie une réflexion sur la latence du processus sculptural et sur ce que cette latence provoque ou décèle dans les espaces des Moulins de Paillard tout en venant les ponctuer. Ce commentaire relève notamment que l’information visuelle de la durée s’acquiert à partir d’observations, de déplacements, de changements de position dans l’espace. Ce corpus d’installations sculpturales travaille sur le temps d’observation des sculptures, réfléchissant au moment où elles nous paraissent image, volume, silhouette, matière. Un travail de lumière, de matières et de construction se mesure à leur environnement minéral, végétal et aquatique.

Biographie de l’artiste :

Shqipe Gashi a obtenu son post-diplôme session n°16 à l’Ensba Lyon en 2015. Parallèlement à cette formation, Shqipe Gashi a bénéficié d’une résidence internationale à Calcutta Art (2015) et d’une résidence au CAC Passages, Troyes (2013). Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions collectives en Suisse, en France et au Vénézuela. Citons, entre autres : Tous les tableaux sont à l’envers, Circuit, Lausanne, Suisse (2016), SSsss, espace d’art Jeudi, Genève (2015), Nous n‘étions pas obligés de nous aimer, Réfectoire des Nonnes, Lyon (2015), Shiftin’ Layers à la galerie Duflon-racz, Berne (2015), Eröffnung, galerie KFA,K , Kassel (2013), Esto no es una historia, mamc Maracay, Vénézuela. En 2014, elle est nommée au prix Prisme à Reims.

Saskia Noor van Imhoff
Née à Mission, Canada, 1982.
Vit et travaille à Amsterdam, Pays-Bas.

Saskia Noor van Imhoff. # +25.00, 2016. Photo © JGP

Saskia Noor van Imhoff. # +25.00, 2016. Photo © JGP 2016

# +25.00, 2016

Les thèmes de prédilection de Saskia Noor van Imhoff sont les différentes épaisseurs du temps relevant de la muséologie. Dans un système en constante évolution, elle use des notions de conservation, de reconstruction, de répliques, de dépôt, de conception d’une exposition, de l’architecture et du musée comme autant d’éléments manipulables à l’échelle de sa production. Comment ces différents contextes se rapportent à un nouvel espace? Van Imhoff rompt avec la hiérarchie existante ou anticipée, joue sur les différents éléments et leur fournit un sens renouvelé et une autre valeur. Interrogeant ce système de circulation, elle produit des installations à sa propre échelle temporelle.

Pour Architropismes, Saskia Noor van Imhoff réalise une production spécifique intitulée # + 25,00 à partir d’une exposition antérieure # 14,00 à Fons Welters à Amsterdam. Se basant sur la documentation de # 14,00, désormais recouverte d’un motif géométrique de couleurs primaires – issues d’une photographie en couleur -, elle produit une nouvelle installation aux Moulins de Paillard qui disperse des éléments architecturaux et des dessins tout en les combinant à un plan déjà existant  : celui du Musée de Pergame à Berlin.

En 2004, Saskia Noor van Imhoff entame des études d’art au Gerrit Rietveld Academie à Amsterdam. Elle poursuit ses études aux Ateliers à Amsterdam de 2010 à 2012 et effectue des résidences à la Fondation Verbeke à Kemzeke en Belgique et aux Künstlerhausbethanien à Berlin. Ces dernières années, l’œuvre de van Imhoff a fait partie d’expositions de groupe à la Galerie Fons Welters à Amsterdam, à la Galerie Gabriele Senn à Vienne, au TENT à Rotterdam, au Center for Curatorial Studies à Berlin, au Jan van Eyck Academie à Maastricht, au W139, Amsterdam, et au P/////AKT, Amsterdam. Van Imhoff a été primée plusieurs fois depuis 2008 ; elle a reçu le Prix Gerrit Rietveld Academie, le Prix Walter Tielmann et le Ruisdael Stipendium à Benthaim en Allemagne. Elle a également été nommée pour le prestigieux De Volkskrant Beeldende Kunst Prijs en 2013. En 2016, son œuvre a fait l’objet de deux belles expositions monographiques à De Appel, et au Stedelijk Museum à Amsterdam. Plusieurs de ses oeuvres font partie de collections telles que la collection Rabobank, Huize Frankendael, la Fondation Verbeke, le Stedelijk Museum et plusieurs collections privées aux Pays-Bas. Saskia Noor van Imhoff est représentée par Galerie Fons Welters à Amsterdam, Pays-Bas.

Hedwig Houben
Née à Boxtel, Pays-Bas, 1983.
Vit et travaille à Bruxelles, Belgique.

Hedwig Houben, Soundtrack for a Sculpture, 2013.

Soundtrack for a Sculpture, 2013. Une installation sonore sur trois vinyles, 6’09’’
Voix, Guitare et Percussion.

Hedwig Houben
Soundtrack for a Sculpture est une pièce sonore composée à l’origine de trois pistes différentes  : une guitare, un tambourin et une voix. Lors d’une précédente exposition de Hedwig Houben en Belgique, ces trois enregistrements étaient respectivement joués dans l’espace d’exposition, séparément. Après avoir demandé aux personnes travaillant dans l’espace d’exposition de murmurer en reprenant la mélodie de la chanson, l’artiste a refait un mixage, puis gravé les nouvelles versions sur trois différents vinyls. Ode mélancolique et hommage au processus de la sculpture, à son contexte d’apparition, de fabrication et de disparition, Soundtrack for a Sculpture se déploie sous la forme d’une installation sonore dans les espaces des Moulins de Paillard, agissant tant comme un parasite que comme un liant entre les différentes œuvres présentées.

Après des études à l’académie des Beaux-Arts de Breda (2002-2006), l’académie des Beaux-Arts de Düsseldorf (2006-2007) et le HISK (Higher Institute for Fine Arts Flanders) à Gand (2010-2011), l’oeuvre de Hedwig Houben a été montrée dans des expositions de groupes telles que la Biennale des Lofoten en Norvège, au Wiels à Buxelles, au Kyoto International Festival of Contemporary Culture à Kyoto et au MUHKA à Anvers. Plusieurs expositions monographiques de Hedwig Houben ont été organisées à la galerie Fons Welters, depuis 2012 ainsi qu’au 1646 à la Haye, au Moira à Utrecht, au P/////AKT à Amsterdam et à la Galerie Gallery à Rotterdam. En 2015, Hedwig Houben était nominée au Prix de Rome. Le Prix de Rome est le prix le plus ancien et le plus prestigieux aux Pays-Bas pour des architectes et des artistes visuels de moins de 40 ans. Hedwig Houben est représentée par la Galerie Fons Welters, à Amsterdam, Pays-Bas.

Pieter van der Schaaf
Né à Joure, Pays-Bas, 1984.
Vit et travaille entre Paris, France et Amsterdam, Pays-Bas.

Pieter van der Schaaf. Sans titre, installation in situ, 2016. Photo © JGP

Pieter van der Schaaf. Sans titre, installation in situ, 2016. Photo © JGP 2016

Sans titre, installation in situ, 2016.

Aux Moulins de Paillard, Pieter van der Schaaf crée une installation in situ à partir de détails sur la notion de réassemblage en se concentrant sur la subtilité des transitions architecturales de l’espace investi. Il produit une série d’arcs métalliques mobiles dont la forme oscille entre références architecturales et éléments de construction. Présentés dans un dispositif de répétition et de déclinaison dans l’espace d’exposition, ils participent à l’intérêt que Pieter van der Schaaf a pour l’écart qui existe dans les différentes représentations d’un même objet, ses variations et ses déclinaisons.

Faisant suite à son exposition monographique Chou Chinois en octobre 2015, cette nouvelle production insiste sur son intérêt constant pour la duplication et la représentation d’objets en s’inspirant de références archéologiques et de systèmes de construction propres à l’architecture.

Biographie de l’artiste :

Pieter van der Schaaf a commencé des études de graphisme de 2000 à 2005 au Deltion College à Zwolle, Pays-Bas avant de poursuivre avec des études d’arts visuels au California College of the Arts à San Francisco (US) en 2009 et à l’Académie des Beaux-Arts Minerva à Groningue, Pays-Bas (2006-2010). Actuellement, il poursuit ses études lors d’une résidence au Jan van Eyck Academie à Maastricht, Pays-Bas qu’il achèvera en 2017. L’année dernière, en 2015, l’oeuvre de Pieter van der Schaaf a été montrée dans des expositions monographiques au Glassbox, Paris, France, et à la galerie Jeune Création, Paris, France. Cette dernière a été produite suite à l’obtention du prix Boesner en 2014 par Van der Schaaf. Ces dernières années, ses œuvres ont fait l’objet de plusieurs expositions de groupe en France et aux Pays-Bas, entre autres à la Fondation Ricard, Paris (2016), au Occidental Temporary à Villejuif (2015), à l’Atelier Néerlandais, Paris (2015), au Centquatre, Paris (2014) et à la Galerie Perception Park, Paris (2014).

Béatrice Balcou
Née à Tréguier, France, 1976.
Vit et travaille à Bruxelles, Belgique.

Béatrice Balcou. Les apostrophes silencieuses, 2016. Photo © JGP

Béatrice Balcou. Les apostrophes silencieuses, 2016. Photo © JGP

 

Béatrice Balcou
Les Apostrophes silencieuses, 2016.
Avec : Paysage placebo, bois, 106,8 x 40 cm, 2015 (d’après l’œuvre de Theophile Narcisse Chauvel) ; Vitrine (film 3) placebo, bois et papier, 187 x 125 x 80 cm, 2014 (d’après l’œuvre de Bojan Šarčević) ; Bain de lumière placebo, bois, 128 x 40 x 40 cm, 2014 (d’après l’œuvre d’Ann Veronica Janssens) ; Children’s trolley (I Had Trouble in Getting to Solla Sollew) placebo, bois, 42 x 43 x 21 cm, 2015 (d’après l’œuvre de Rodney Graham)

Depuis quelques années, Béatrice Balcou réalise des performances qu’elle nomme Untitled Ceremony. Chacune développe une temporalité particulière autour d’un événement, celui de la mise en exposition d’une œuvre particulière, choisie préalablement par l’artiste dans la collection d’un musée ou d’un centre d’art. L’artiste produit, à cette occasion, ce qu’elle nomme des objets placebos. Ce sont des artefacts en bois qui réitèrent la forme de l’œuvre originale. Pour Architropismes, Béatrice Balcou présente un ensemble de ces œuvres placebos qu’elle nomme Les apostrophes silencieuses en résonnance avec l’Apostrophe muette1 de Jean-Christophe Bailly. Dans cet essai, l’auteur s’essaie à une interprétation des portraits de Fayoum, ces portraits funéraires gréco-romains « qui nous confrontent à des visages qui nous regardent comme d’un lieu neutre qui ne serait ni la mort ni la vie, (…) depuis un très lointain passé qui atteint presque par miracle notre présent ». Figures surgies d’une action qui anticipe un événement tout en le faisant advenir aux yeux de tous, l’installation Les apostrophes silencieuses nous introduit ainsi à une complexité temporelle dont elles seraient à la fois les témoins et les passeurs.

Biographie de l’artiste :

Après des études en arts visuels à l’Université La Sorbonne Paris1, Béatrice Balcou intègre le post-diplôme EX.E.R.CE au Centre National Chorégraphique de Montpellier auprès de Mathilde Monnier et Xavier Le Roy en 2007. Depuis, Béatrice Balcou développe un travail qui a bénéficié de plusieurs résidences en France et à l’étranger dont Artconnexion à Tokyo, Kyoto et Kobe au Japon en 2009. Ces dernières années, ses œuvres ont fait l’objet d’expositions collectives telles que Plateforme de jeux,

Un Nouveau Festival, Centre Pompidou, Paris, Un-Scene III au Wiels à Bruxelles, Des choses en plus, des choses en moins (CNAP), Palais de Tokyo (2015) ou encore à la Fondation Ricard (2012) et au musée M à Louvain (2014). Elle a aussi bénéficié d’expositions monographiques : Walk in Beauty, Casino Luxembourg – forum d’art contemporain, Luxembourg, (2014), Calme, luxe et volupté, Le Quartier, Quimper (2014), Chaque Chose En Son temps, FRAC Franche-Comté, Besançon (2013). En 2016, elle présente une exposition personnelle à l’Iselp de Bruxelles intitulée Béatrice Balcou/Kazuko Miyamoto.

1 Jean-Christophe Bailly, L’Apostrophe muette : essai sur les portraits du Fayoum, Paris, Hazan, 1997.

BIOGRAPHIES DES COMMISSAIRES

Rozenn Canevet

Docteure en esthétique et sciences de l’art, Rozenn Canevet questionne les notions d’ambiance, d’atmosphère et de milieu dans les formes croisées de l’art, de l’architecture et du design. Ses recherches ont fait l’objet de publications, conférences et colloques en France comme à l’étranger (du BWA Contemporary Art Gallery de Katowice à la Royal Holloway University of London en passant par le Centre Georges Pompidou à Paris). Par ailleurs enseignante en école d’art et critique d’art, elle collabore régulièrement à des supports spécialisés pour rendre compte de l’actualité artistique contemporaine. Récemment, elle co-fonde la plateforme curatoriale d’édition sonore Whispering Grass qui initie une série d’entretiens avec des artistes et curators.

Marlise van der Jagt

Marlise van der Jagt est une historienne de l’art et commissaire d’expositions néerlandaise. Elle a étudié l’histoire de l’art au Vrije Universiteit à Amsterdam et ‘Cultural Economics and Cultural Entrepreneurship’ à l’Université Erasmus de Rotterdam. Diplômée en 2006, elle a travaillé au cabinet des dessins du Rijksmuseum à Amsterdam faisant des recherches pour le catalogue raisonné des dessins anciens de la collection. Après s’être installée à Paris en 2008, elle a travaillé de 2009 à 2013 au département d’expositions de l’Institut Néerlandais en tant qu’assistant-curator. D’autre part, elle a produit et organisé plusieurs expositions présentant des artistes et designers contemporains pour des organisations françaises telles que Canson et Designers Days Paris. Depuis 2014, Marlise van der Jagt est responsable de la communication culturelle à l’ambassade des Pays-Bas à Paris.

Architropismes
9 juillet – 18 septembre 2016
Béatrice Balcou, Shqipe Gashi, Hedwig Houben, Saskia Noor van Imhoff, Pieter van der Schaaf, Tatiana Trouvé.
Commissaires de l’exposition : Rozenn Canevet, Marlise van der Jagt
avec le soutien de l’Ambassade du Royaume des PaysBas

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