Pai Mãe – Père Mère

Sim Não – Oui Non ◊ 4 avril – 7 juin 2015     <<    english/français     >>

Tout objet, ainsi que toutes les réflexions et gestes liés à sa création, a une antithèse.  Souvent, envisager l’inverse, le négatif, permet une plus profonde compréhension du positif.

La ligne est composée d’un nombre infini de points ; le plan, d’un nombre infini de lignes ; le volume, d’un nombre infini de plans ; l’hypervolume, d’un nombre infini de volumes… C’est devenu une convention aujourd’hui d’affirmer de tout conte fantastique qu’il est véridique ; le mien, pourtant, est véridique.

Jorge Luis Borges, Le Livre de sable, traduction de Françoise Rosset, Gallimard

Les oeuvres de Francisco Tropa nous invitent, nous poussent, vers des univers inversés, à la découverte des antipodes, dans des mondes où l’illusion surpasse la réalité en termes de crédibilité.  Dans les complexes élaborations formulées pour défendre une prémisse fausse, des univers presque censés se construisent.

Pai Mãe – Père Mère

Francisco Tropa. Pai Mãe - Père Mère, 2009. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Francisco Tropa. Pai Mãe – Père Mère, 2009. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Lorsque rien n’arrête notre regard, notre regard porte très loin. Mais s’il ne rencontre rien, il ne voit rien ; il ne voit que ce qu’il rencontre : l’espace, c’est ce qui arrête le regard, ce sur quoi la vue bute : l’obstacle. Des briques, un angle, un point de fuite : l’espace, c’est quand ça fait un angle, quand ça s’arrête, quand il faut tourner pour que ça reparte. Ça n’a rien d’ectoplasmique, l’espace ; ça a des bords, ça ne part pas dans tous les sens, ça fait tout ce qu’il faut faire pour que les rails de chemins de fer se rencontrent bien avant l’infini.

Georges Perec, Espèces d’espaces, Editions Galilée

Une Femme est une aiguille, n’étant, pour ainsi dire, qu’un point à chaque extrémité I Ajoutez à cela son pouvoir de se rendre quasiment invisible à volonté, et vous comprendrez que, dans notre monde, on ne badine pas avec la gent féminine I

Francisco Tropa. Pai Mãe - Père Mère, 2009. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Francisco Tropa. Pai Mãe – Père Mère, 2009. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Placez une aiguille sur une table I Puis, vos yeux au niveau de la table, regardez-la de côté et vous la voyez dans toute sa longueur I Mais regardez-la par le bout et vous ne voyez plus qu’un point ; elle est devenue pratiquement invisible I C’est exactement la même chose avec nos Femmes I Quand elles nous tournent le côté, nous les voyons comme une Ligne Droite ; mais quand l’extrémité qui contient l’oeil ou la bouche – car pour nous ces deux organes ne font qu’un – s’offre à notre regard, nous ne voyons rien d’autre q’un point extrêmement brillant.

Edwin A. Abbot, Flatland, traduction de Philippe Blanchard, Editions Zones Sensibles

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