Sim Não – Oui Non

Sim Não – Oui Non ◊ 4 avril – 7 juin 2015     <<    english/français     >>

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Arrivé au sommet du Mont du Purgatoire, après avoir échelé ses sept terrasses: le paradis terrestre… « Arrete-toi! nain! dis-je. Moi ou bien toi! Mais moi je suis le plus fort de nous deux – tu ne connais pas ma pensée la plus profonde! Celle-là tu ne saurais la porter! »

Alors arriva ce qui me rendit plus léger: le nain sauta de mes épaules, l’indiscret ! Il s’accroupit sur une pierre devant moi. Mais à l’endroit où nous nous arrêtions se trouvait comme par hasard un portique. «

Vois ce portique! nain! repris-je: il a deux visages. Deux chemins se réunissent ici: personne encore ne les a suivis jusqu’au bout.

Cette longue rue qui descend, cette rue se prolonge durant une éternité et cette longue rue qui monte – c’est une autre éternité.

Ces chemins se contredisent, ils se butent l’un contre l’autre: – et c’est ici, à ce portique, qu’ils se rencontrent. Le nom du portique se trouve inscrit à un fronton, il s’appelle « instant ».

Mais si quelqu’un suivait l’un de ces chemins – en allant toujours plus loin: crois-tu nain, que ces chemins seraient en contradiction éternelle ?”

Francisco Tropa. Sim Não - Oui Non, 2009. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Francisco Tropa. Sim Não – Oui Non, 2009. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

«  Tout ce qui est droit ment, murmura le nain avec mépris. Toute vérité est tordue, le temps lui-même est un cercle.  »

Friedrich Nietzsche, Ainsi Parlait Zarathoustra, de la vision et de l’énigme, Editions C.G. Naumann

…arrivé au sommet du Mont du Purgatoire, après avoir échelé ses sept terrasses : le paradis terrestre.

Sitôt que je fus parvenue au seuil de mon second âge, et vins à l’autre vie, il se déprit de moi, se donnant ailleurs.

Quand j’étais montée de la chair à l’esprit et qu’en moi beauté avec vertu croissait, je lui fus moins chère et moins agréable  ;

Il détourna ses pas par voie trompeuse et suivit de fausses images du bien, qui jamais ne tiennent toutes leurs promesses.

Rien ne me valut d’obtenir que l’inspirent en songe ou en d’autres signes mes rappels  ; il les laissa dans un grand nonchaloir.

Il chut si profond que tous les remèdes désormais étaient pour le sauver trop courts, hormis de lui montrer la race perdue.

C’est pourquoi j’ai franchi la porte des morts et qu’au sage qui l’a conduit jusqu’ici j’ai porté mes prières en pleurant.

Un haut décret de Dieu serait rompu, si l’on passait le Léthé, et tel breuvage on crût goûter, sans payer aucun écot de repentance, à faire couler les larmes.

Dante Algihieri Le Purgatoire, chant XXX, La Divine Comédie, traduction de Jean-Charles Vegliante, Gallimard.

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