Terra platonica

Sim Não – Oui Non ◊ 4 avril – 7 juin 2015     <<    english/français     >>

Francisco Tropa. Terra platonica, 2013. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Francisco Tropa. Terra platonica, 2013. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Terra platonica Dans la troisième salle, Terra platonica, en partie grâce à la transparence de son architecture, nous offre une interprétation des cosmos  : Le cercle et le carré, le sablier suspendu, le vortex : une représentation de l’univers que nous retrouvons dans l’histoire chinoise comme dans les peintures de la Renaissance.  Au début, avant que le monde appartienne au mode de l’être, tout n’était qu’un amas indistinct, sans intérieur ni extérieur. En ce temps, où le temps n’existait pas encore, le ciel, alors plus proche, était courbé sur la croupe de la terre. Au sein de ce chaos, peu à peu apparurent des souffles particuliers qui progressivement se transformèrent en dix mille êtres (wan wu). Une fois les souffles établis en essences (jing), le monde fonctionne sur le mode d’une autocréation permanente. Lorsque le souffle (qi) qui agit la mutation des choses s’épuise, il y a retour à l’état primordial,

Francisco Tropa. Terra platonica, 2013. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

Francisco Tropa. Terra platonica, 2013. Courtesy of the galerie Jocelyn Wolff, Paris. Photo © James Porter

bouillonnant de potentiels. La connaissance du singulier au sein de l’Un se fait selon un ensemble de systèmes de corrélations complexes. C’est là l’objet de la théorie des Cinq agents (ou Cinq Éléments, wu xing), à savoir l’eau, le feu, le bois, le métal, la terre  ; de celle des Six points cardinaux (dont le zénith et le nadir)  ; du Yin et du Yang  ; des Six souffles  ; des Huits trigrammes (bagua), des mutations (yi jing)… La terre est carrée, et le ciel est rond, comme les pieds de l’homme sont carrés et sa tête ronde. L’empereur siège donc dans un bâtiment carré surmonté d’un toit rond (ming tang), c’est lui qui par les rites ordonne la succession des saisons et modèle l’ordre du monde. En réunissant devant lui les représentants des peuples de l’empire, il préside à l’ordre humain. L’empire est un cosmos carré, dont le centre est l’empereur siégeant dans la capitale.

Antoine Marcel, La pensée de l’espace dans la Chine ancienne  , Paysage modes d’emploi  : pour une histoire des cultures de l’aménagement, Champ Vallon, Seyssel, 2006